Partir à la découverte du royaume chérifien

Maroc Tanger : coups de coeur

Le cap Spartel

Pour les rouleaux de l’Océan, pour ses kilomètres de plage déserte, pour la solitude, pour le cap Spartelsilence, pour le grondement des vagues, pour le passage des thons et des bateaux qui les pêchent en escadre à moins d’un mille du rivage, pour les ruines de Cotta, vieille cité romaine, autrefois réputée dans tout le monde antique pour la qualité de son garum, un condiment fabriqué avec des laitances de poisson mariné et qui était vendu dans les meilleures épiceries de Rome (mais il faut se dépêcher, le béton commence d’encercler les ruines), pour ses brumes d’hiver, blanches, consistantes, éblouissantes, pour ses grottes où Hercule se serait reposé après avoir accompli ses fameux travaux.

La librairie des Colonnes

Sur le boulevard Pasteur, l’un des endroits stratégiques de la ville. C’est là qu’on peut apprendre librairie des Colonnestout ce qu’il faut savoir, plus sûrement encore qu’en se branchant sur radio BBC, le téléphone arabe des bazars, bars et cafés. Les auteurs de passage viennent y signer leurs livres, les touristes, y chercher des informations, les habitués, rendez-vous. La librairie fut longtemps tenue par deux sœurs, Isabelle et Yvonne Gérofi. Elles m’avaient livré quelques souvenirs vestimentaires: «Burroughs était sale à un point inouï. Son imper se serait tenu debout de crasse. Beckett était beau et élégant, il n’ouvrait pas la bouche. Genet portait une vieille veste de cuir râpé.» Rachel Muyal a dignement succédé aux sœurs Gérofi. Nous sommes vite devenus amis. Elle a depuis quelques années quitté les Colonnes, mais représente toujours une part de cette mémoire vive de Tanger. Mémoire citadine, mémoire littéraire, mémoire juive.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Choose a Rating